mardi 30 mars 2010

Champs-Élysées: des concessions pas comme les autres

Les rares constructeurs automobiles à disposer d’un showroom avec pignon sur la plus belle avenue du monde rivalisent de mégalomanie pour attirer l’œil des riches clients, ou simplement des touristes.

Sur les Champs-Élysées où, paradoxe de notre temps, les mendiants côtoient les voitures de luxe des jet-setters, rien n’est vraiment comme ailleurs. Magasins, restaurants, agences d’assurance ou de télécommunication, les commerces qui ont la chance d’y compter une succursale s’évertuent tous à mettre en valeur leurs meilleurs atouts pour se distinguer de leurs voisins, et ainsi attirer l’œil des touristes qui se déversent chaque jour par dizaines de milliers dans la prestigieuse avenue. Les concessions Citroën, Renault, Toyota, Mercedes et Peugeot s’inscrivent dans cette tendance. Visite.

Une Ferrari F30 Spider nonchalamment garée, scène presque banale sur les Champs-Élysées.

DS3, seule maîtresse à bord
Premier à apparaître sur le chemin menant de la station de métro "Champs-Élysées/Clemenceau" à l’Arc de Triomphe, le showroom Citroën est aussi le premier en terme de pouvoir de séduction. Logique, dans la mesure où le constructeur aux chevrons est passé maître dans l’art du marketing. Actuellement, c’est la DS3 qui monopolise l'attention des responsables de la promotion. Les plateaux circulaires maintenus par l’impressionnante structure métallique tout en hauteur qui caractérise l’architecture de l'endroit supportent ainsi chacun une variante différente de la petite citadine branchée. Au sous-sol, l’Espace Racing accueille la C4 WRC avec laquelle Sébastien Loeb vient de remporter le Rallye du Mexique. Classe!

La nouvelle DS3 est la star du showroom Citroën.

Renault cheveux au vent
Quelques mètres plus loin, sur le trottoir opposé, c’est l’Atelier Renault qui nous ouvre ses portes. Ici, tous les projecteurs sont braqués sur les deux nouveaux roadsters de la marque au losange, la craquante Twingo Wind et la plus conventionnelle Megane CC. Doté d’un restaurant à son premier étage, le showroom élyséen de Renault apparaît moins impressionnant d’un point de vue architectural que celui de Citroën, mais la diversité des modèles qui y sont présentés est nettement supérieure. Bref, l’Atelier Renault s’apparente davantage à une concession automobile traditionnelle, ce que le showroom Citroën, espace chic et tendance, n’est à vrai dire plus vraiment.

La Twingo Wind veut faire souffler "un vent nouveau dans le monde du roadster".

Des Nippons qui aiment la compétition
En ce moment, pour les amateurs de sport automobile, c’est chez Toyota qu’il faut se rendre. Si le rez-de-chaussée du showroom du constructeur japonais est très éco-responsable, avec la présence des Prius et autres IQ, le premier étage est largement moins politiquement correct. En effet, même si Toyota vient de se retirer de la F1, c’est une partie de l’histoire de son service compétition que la marque invite les visiteurs à découvrir. Ainsi, à côté d’une obscure Prius de rallye, ce ne sont rien moins que la GT-One du Mans 1999 et la Corolla du WRC 1998 qui s’offrent aux regards émerveillés. L’occasion d’admirer la pureté des lignes de la première nommée, qui restera comme le plus formidable proto de l’ère GT1 de la fin du siècle dernier malgré ses deux échecs successifs dans la Sarthe.

Quelle ligne! La Toyota GT-One restera sans doute comme la plus formidable des GT1.

Mercedes et Peugeot à la traîne
Du blanc immaculé du showroom Toyota, passons maintenant au gris terne de la concession Mercedes. C’est la grosse déception de cette remontée des Champs. Aucun nouveau modèle, aucune voiture de compétition, nulle trace de la SLS, rien ne distingue ce showroom d’une concession Mercedes comme l’on en trouve partout dans le monde. Le constat n’est guère plus flatteur chez Peugeot, où le très laid concept car bb1 a la difficile mission d’inviter les passants dans l’antre étriquée du constructeur sochalien pour y découvrir le nouveau coupé RCZ, qui lui ne manque pas de sex-appeal.

Peugeot compte sur le physique ingrat du bb1 pour attirer les visiteurs. Curieux...

Et le slot dans tout ça ?
Eh bien force est de constater qu’il ne fait absolument pas partie de l’éventail de produits dérivés proposé par les boutiques des marques évoquées. La tendance actuelle, du moins chez les constructeurs français, est plutôt à la multiplication des modèles "3-inches", dont la longueur n’excède pas huit centimètres, ce qui correspond grosso modo à une échelle 1/64. Relativement peu détaillés bien que n’ayant plus rien avoir avec les Majorette de notre enfance, ces derniers sont proposés à des tarifs oscillant entre quatre et sept Euros. Les miniatures au 1/18 sont elles aussi de plus en plus présentes, tandis que celles aux 1/43 semblent faire de la résistance malgré la forte baisse de leurs ventes. Bref, le slot sur les Champs-Élysées, ce n’est pas encore pour demain!

Les petites "3-inches" se multiplient dans les boutiques des marques. Le slot, lui, est aux abonnés absents.

FRANÇOIS TARDIN

mardi 23 mars 2010

Mercedes SLS AMG GT3: à quand au 1/32?

Audi, BMW, Porsche, Ferrari ou encore Lamborghini, les constructeurs sont nombreux à s'investir dans la catégorie GT3. Dès 2011, ils seront rejoints par un concurrent de taille: Mercedes, avec sa SLS GT3. Une voiture que l'on devrait immanquablement retrouver au 1/32.

Qu'on se le dise, Mercedes est de retour dans le monde de l'endurance! Un événement, puisque l'on avait plus revu la marque à l'étoile dans cet univers depuis la saga des fabuleuses CLK GTR, CLK LM et CLR de la fin du siècle dernier. Pour son come-back, le constructeur allemand a choisi la catégorie GT3, et proposera à la fin de l'année par l'entremise d'AMG et d'HWA une version compétition client de sa très séduisante SLS. La belle, qui a été présentée aujourd'hui à Puebla, au Mexique,
n'a pas perdu ses légendaires portes papillon, mais a gagné les indispensables appendices aérodynamiques des concurrentes du GT3. Curieusement, la livrée arborée par ce modèle de présentation n'est pas le traditionnel gris argenté des Mercedes de course, mais une très sobre robe blanche. Nul doute cependant que la SLS GT3 redeviendra très rapidement une flèche d'argent. Côté moteur, on annonce un V8 développant plus de 600 chevaux. Aucun tarif n'a en revanche encore été divulgué.

La SLS AMG GT3 fera ses débuts en compétition en 2011. MERCEDES-BENZ

Au 1/32 chez Carrera?
Naturellement, l'on devrait retrouver cette SLS AMG GT3 au programme de l'une ou l'autre marque de slot à l'horizon 2011/2012. Les Allemands de Carrera, qui proposeront la version routière de SLS en fin d'année, semblent particulièrement bien placés pour reproduire sa variante compétition à moindre coût. Ce ne serait pas la première fois qu'ils utiliseraient un tel stratagème, puisqu'on les a très récemment vus décliner l'Audi R8 LMS à partir d'un moule de R8 de route. Mais si la SLS GT3 suscite le même engouement que sa rivale d'Ingolstadt, Carrera ne devrait pas être la seule marque sur les rangs pour la miniaturiser au 1/32. Ce d'autant plus qu'après la SLS AMG standard et la SLS Safety Car qui officie cette année en F1, la SLS GT3 constituera une troisième variante intéressante à reproduire de la sportive de Mercedes. De quoi rendre rentable l'investissement dans un nouveau moule.

FRANÇOIS TARDIN

vendredi 19 mars 2010

Une rubrique dédiée au slot dans "Auto Modélisme"

A partir de ce mois, "Auto Modélisme" se dote d'une rubrique réservée au circuit routier. Précisions avec Alain Geslin, le rédacteur en chef de cette publication du groupe de presse Hommell.

Si ce n'est le sérieux mais confidentiel bulletin "Circuits Routiers", le paysage éditorial du slot francophone faisait figure de terrain en friche depuis la disparition du controversé magazine "Slot Buzz". Heureusement, les choses sont en train de changer aujourd'hui grâce à "Auto Modélisme". Les lecteurs de cette revue française très réputée ont en effet eu la surprise de découvrir dans le numéro de mars 2010, en vente depuis le 26 février, deux pages consacrées à la présentation des nouveautés slot du salon de Nuremberg. "Dans le numéro 155, nous avons tenu à amorcer la pompe en publiant deux pages sur le slot. Mais dès notre numéro d'avril (en kiosque à partir du mardi 30 mars. NDLR), six pages y seront
consacrées. Deux d'entre elles aborderont l'actualité ainsi que les nouveautés, et les quatre autres parleront d'un collectionneur. Dans le numéro 156, il sera question d'un passionné de la Coupe R8 Gordini", confie Alain Geslin.

Le slot est présent sur deux pages du numéro 155 d'"Auto Modélisme". Un premier pas... HOMMELL

Une médiatisation légitime
Même si, de par son statut de magazine dédié aux miniatures de collection, "Auto Modélisme" risque de s'intéresser davantage à la qualité de reproduction des voitures qu'à leur comportement routier, la présence du slot au sommaire d'une revue de grand public ne peut qu'être considérée comme bénéfique pour ce loisir peu médiatisé. De quoi réjouir les professionnels de la branche: "Cela fait du bien de voir enfin une publication d'envergure s'intéresser à notre loisir!", se réjouit Stéphane Gassou, le boss du magasin parisien Slot And Go. Pour son rédacteur en chef Alain Geslin, l'apparition d'une rubrique slot au sein de la revue "Auto Modélisme" est logique, tant selon lui le fossé de réalisme qui séparait autrefois les univers du modélisme statique et du circuit routier s'est estompé dernièrement: "Étant moi-même sloteur occasionnel, je suis persuadé qu'il y a des passerelles entre le monde des collectionneurs de miniatures et les sloteurs, d'autant que les modèles de circuit routier ont énormément progressé en terme de fidélité depuis une dizaine d'années. Il me semblait donc légitime qu'"Auto Modélisme" ouvre, enfin, ses colonnes à ces passionnés".

FRANÇOIS TARDIN

vendredi 12 mars 2010

Salon de Genève: un circuit Scalex pour promouvoir la Ford Focus ST

La Ford Focus ST est un jouet pour grand enfant. Normal donc que ce soient des voitures de slot qui en fassent la promotion.

La deuxième génération de Ford Focus va bientôt tirer sa révérence et laisser sa place à une remplaçante aux formes plus agressives et torturées. Mais avant cela, il faut encore écouler les stocks de Focus 2. C'est pourquoi le constructeur à l'ovale bleu ne relâche pas ses efforts pour vanter les mérites de la version sportive de sa berline compacte, la Focus ST.

La ST est la variante sportive de la gamme Focus.

225 chevaux
Située juste en dessous de la diabolique RS, la ST revendique 241 km/h en pointe franchit la barre des 100 km/h en à peine plus de six secondes grâce à son moteur cinq cylindres de 225 chevaux. Rien de tel donc pour faire la promo de cette voiture de grand enfant que de toucher la corde sensible de ces papas nostalgiques du circuit routier de leur enfance qui constituent le public cible de ce modèle. L'on peut ainsi découvrir ces jours sur le stand Ford du Salon de l'auto de Genève un joli circuit Scalextric quatre voies permettant aux visiteurs de s'arsouiller à la gâchette de Focus WRC du constructeur anglais. Ces dernières ont été délestées de leur aileron arrière et repeintes dans le orange caractéristique de la ligne ST.

Les Focus WRC Scalextric ont été repeintes dans le orange caractéristique de la ligne ST.

A fond les manettes!
"On peut aller à fond partout!", s'enthousiasme un petit compétiteur. Forcément, avec des voitures munies d'aimants et alimentées en huit volts, qui plus est commandées par des poignées Parma 45 Ohms faiblement réactives, les risques de sorties sont réduits au minimum. Ce qui n'empêche pas les courses de se révéler d'une grande intensité. Les sourcils sont froncés, les mains cramponnées à la poignée, et les joutes se déroulent au son des analyses plus ou moins éclairées de petits garçons invités à faire leurs premières armes de commentateurs sportifs par les charmantes hôtesses animant le stand. Bref, Ford a compris comment réunir jeunes et moins jeunes autour des joies du slot, le tout au bénéfice de l'image de la marque...

Le slot, ou comment réunir jeunes et moins jeunes autour de l'amour nostalgique de la petite voiture.

FRANÇOIS TARDIN

jeudi 11 mars 2010

Salon de Genève 2010: celles que l'on verra ou que l'on aimerait voir au 1/32

Il y a tout juste une semaine s'est ouvert à Genève le quatre-vingtième Salon de l'auto. Nous avons traqué dans les allées de Palexpo celles que l'on aimerait voir sur nos pistes de slot.

Le millésime 2010 du Salon de Genève a comme un goût de déjà-vu. Comme chaque année depuis bientôt dix ans, l'on nous annonce que cette fois, la voiture électrique c'est du concret. Et pourtant, dans la réalité, si les voitures hybrides se multiplient effectivement sur les stands, à l'état de prototypes - même Ferrari y va de son concept car hybride, la 599 HY-KERS - ou de modèles commerciaux, et si certains constructeurs présentent enfin des voitures fonctionnant exclusivement à l'électricité - l'on pense surtout à la la Mitsubishi i-MiEV et à ses cousines Peugeot Ion et Citroën C-Zero, qui devraient faire leur apparition sur les routes européennes en fin d'année - les chiffres pronostiquant quinze à vingt pour-cents de véhicules propulsés partiellement ou entièrement par l'électricité d'ici 2020 semblent bien optimistes.

Propulsée par des batteries au lithium-ion, la Mitsubishi i-MiEV sera commercialisée en fin d'année.

Un salon éco-responsable
Reste que d'année en année, le Salon de l'auto de Genève se veut de plus en plus éco-responsable, et que les voitures passion y ont de moins en moins le droit de cité. Pour preuve, les constructeurs rechignent désormais à exposer les voitures qu'ils engagent en compétition. Même Mercedes, qui s'implique cette année officiellement en F1 sous son seul nom, n'a pas amené sa F1 W01. Nous sommes tout de même parti en chasse des rares voitures d'exception présentes. Des modèles que l'on verra pour certains au 1/32, d'autres que l'on a une chance de voir - l'un ou l'autre constructeur ayant le moule à son catalogue -, et enfin des voitures que l'on aimerait pouvoir faire évoluer sur nos pistes mais dont aucune reproduction au 1/32 n'a pour l'instant été prévue. Suivez le guide!

L'Audi R8 LMS sera l'une des reines de l'année slot 2010.
(Moule prévu chez Carrera, Scalextric et Ninco)

La Citroën C4 WRC vient de s'imposer au Mexique grâce à Sébastien Loeb.
(Livrée 2010 non annoncée mais moule existant chez SCX et Ninco)


Alain Prost n'est pas parvenu à s'imposer dans le Trophée Andros au volant de sa Dacia Duster
(Aucune reproduction au 1/32 prévue)

La F10 de Massa et Alonso trône fièrement sur le stand Ferrari...
(Livrée 2010 annoncée par Carrera sur la base d'un moule de F60 de 2009)


... à côté de la nouvelle 458 Italia.
(Annoncée par Carrera)

La Ford Focus WRC a gagné la première manche du championnat WRC 2010.
(Livrée 2010 non annoncée mais moule existant chez Scalextric et Ninco)

La Mercedes SLS AMG est la grande star du stand de la marque à l'étoile.
(Annoncée par Carrera)

La Morgan GT3 est sans doute l'une voitures de course actuelles les plus atypiques.
(Livrée 2010 non annoncée mais moule approchant existant chez SCX)

La Peugeot 908 HDI FAP millésime 2010 est très agressive dans sa robe bleu métallisé.
(Livrée 2010 non annoncée mais moule existant chez Scalextric, SCX, Avant Slot et Carrera)

La Porsche 911 GT3 R Hybrid sera engagée au 24 Heures du Nürburgring 2010.
(Livrée non annoncée mais moule approchant existant chez Carrera, SCX et Autoart)

La R30 dévoile les nouveaux atours du team Renault F1.
(Aucune reproduction au 1/32 prévue)

La Skoda Fabia S2000 est la plus sérieuse rivale des Peugeot 207 en IRC.
(Annoncée par Faro)

Carlos Sainz a enfin remporté le Dakar au volant de son VW Race Touareg 2.
(Livrée 2010 non annoncée mais moule existant chez SCX)

FRANÇOIS TARDIN

jeudi 18 février 2010

Comparatif insolite: Mercedes 300 SLR LM 1955 Scalextric contre Abarth Assetto Corse Racer

A l’essai aujourd’hui ces deux modèles radicalement différents mais qui ont pour point commun de convaincre là où l’on ne les attendait pas, et de décevoir là ou on les attendait.

La Mercedes est un modèle tragiquement célèbre puisqu’il s’agit de la voiture sœur de la 300 SLR qui tua près de quatre-vingt personnes lors des 24 Heures du Mans 1955. Elle est proposée par Scalextric pour un prix flirtant avec les 45 Euros chez la plupart des revendeurs, ce qui la situe dans la tranche tarifaire des Slot.it, alors qu’elle ne bénéficie pas de l’équipement racing qui caractérise ces dernières et que la valeur de revente en occasion des Scalextric est quasiment nulle. Il faudra débourser plus du double pour acquérir l’Abarth 500 Assetto Corse, soit plus de 100 Euros. Le modèle est certes moins cher que les Racer traditionnelles, bien que fabriqué comme elles à la main, mais sa finition approximative est impardonnable pour un modèle de ce prix. Bref, ces deux modèles ne se distinguent pas franchement par leur rapport prix/prestations. Voyons cependant ce qu’il en est derrière la gâchette.

Racer SL02 G: Abarth 500 Assetto Corse
Scalextric C3024: Mercedes 300 SLR Le Mans 1955

Mercedes 300 SLR Scalextric: une teutonne haute sur pattes
Originale, c’est ce que l’on se dit à la vue de la mécanique de la Mercedes 300 SLR Scalextric. Curieusement, le moteur prend place à l’avant, et se retrouve décalé, ainsi que la couronne, sur le côté gauche du châssis, juste devant l’habitacle. Il côtoie l’installation électrique qui assure l'éclairage à l'avant et à l'arrière. Côté carrosserie, si la fidélité de reproduction et la qualité de peinture et de tampographie sont sans reproches, il n’en est pas de même pour le collage des phares avant, qui a laissé de disgracieuses traces blanches sur le bloc optique gauche de notre modèle d’essai. L'architecture asymétrique du châssis laisse présager du pire quant au comportement routier, l’équilibre des masses se retrouvant péjoré. Ce d’autant plus que cette 300 SLR est haute sur pattes et campée sur des jantes et des pneus étroits. Nous allons voir que ces craintes ne se vérifient pas totalement sur la piste. Mais avant de rouler, il faut encore ôter l'aimant, opération qui se révèle fastidieuse. Une fois les six vis fixant la carrosserie retirées, il faut en effet encore désolidariser l’habitacle - retenu par deux vis supplémentaires - du châssis pour accéder à l’aimant afin de l'enlever.

L'architecture du châssis de cette 300 SLR est atypique.

Great fun!
Ceci fait, notre 300 SLR foule enfin le plastique de notre piste Carrera d’essai. Et là étonnamment, c’est "great fun", comme dirait Vincent Price. Sous 12 volts, le modeste Mabushi est amplement suffisant pour propulser les 69 grammes de l’engin. Ce d’autant plus que l’adhérence des pneus très étroits n’est pas optimale. Qu’importe, le plaisir est au rendez-vous! La voiture chasse du train arrière mais les travers restent contrôlables si l'on ne pilote pas comme un bourrin. Car cette Mercedes s'avère exigeante à maîtriser si l'on veut éviter les tonneaux, qui surviennent immanquablement dans les appuis à trop haute vitesse. En effet, comme il est impossible de desserrer la carrosserie pour gagner de la souplesse en virage - les sorties d'échappement latérales interdisent tout tilting -, la 300 SLR se révèle très sensible aux changements de cap. Dès lors, pour l'empêcher de décrocher en entrée de virage, il faut aborder les courbes à faible vitesse, et réaccélérer progressivement dans le virage en maîtrisant la dérive. Avec la pratique, ce pilotage tout en glisse se révèle très séduisant, la 300 SLR procurant des sensations à mille lieues du comportement stéréotypé des voitures de compétition. Il ne faut cependant pas s'attendre à des miracles face au chronomètre. Notre modèle d'essai obtiendra ainsi son temps de référence en 5"92, soit à près de deux secondes du record de la piste...

La Mercedes 300 SLR Scalextric n'est pas un missile mais elle s'avère plaisante à piloter.

Abarth 500 Assetto Corse Racer: pot de yaourt de compète
Après l’Abarth 500 de route, Racer propose sa déclinaison course, la 500 Assetto Corse. Le modèle se distingue essentiellement par ses bas de caisse plus agressifs et son aileron. Techniquement, Racer a doté l’Assetto Corse d’un moteur Flat-6 Slot.it placé en position longitudinale, en lieu et place du V12/3 qui équipait la version routière de l’Abarth 500. La marque italienne a ainsi tenté de d’abaisser le centre de gravité haut perché de la petite sportive du groupe Fiat. A noter que la voiture est livrée d’origine sans aimant. Autre équipement appréciable, les jantes arrière sont en alu. Reste que cette Abarth est aussi une voiture de vitrine. Mais là, déception. Si le vernis est parfait, il n’en est pas de même de la pose des décalcomanies. Ainsi le fond blanc du numéro de la porte gauche de notre modèle présente une boursoufflure disgracieuse. Ajoutons à cela que les vitrages, en lexan, sont mal collés, et que la bannière Abarth qui orne le haut du pare-brise, en décalcomanie, n’est pas protégée et résistera par conséquent mal aux chocs et aux outrages du temps. Bon point en revanche dans ce même registre pour Racer, les rétroviseurs et l’aileron sont moulés dans un plastique souple qui les rendra moins sensibles aux impacts.

Jantes arrière en alu, moteur Slot.it Flat-6, Racer a vu les choses en grand pour sa petite Abarth.

Étonnante efficacité
Sur la piste, les modifications mécaniques apportées par Racer apparaissent bénéfiques, puisqu’il est possible d’attaquer avec cette Assetto Corse, ce qu’il était impensable de faire avec l’Abarth 500 routière, cette dernière ayant un vilain penchant pour les roulés-boulés. Pour une meilleure stabilité en virage, nous avons légèrement desserré le berceau moteur. Impossible d’en faire autant avec la carrosserie sans que les pneus ne frottent dans les ailes. Mais malgré cela, la petite italienne fait montre d’une belle efficacité pour une voiture de son format. Ses pneus arrière d’excellente facture lui confèrent une très bonne accroche. Accroche dont il est possible de tirer parti grâce à la souplesse exemplaire du moteur Flat-6. Ce dernier ne rechigne pas à la tâche malgré le poids assez élevé du modèle : 100 grammes dont 37 rien que pour la carrosserie, résine oblige. La vitesse de passage en courbe est impressionnante pour une auto aussi haute. Le chrono confirme ces bonnes impressions. Sur la même piste de test que la Mercedes 300 SLR, l’Abarth réalise un superbe 5''16, ce qui la situe dans les temps de référence des meilleures GT SCX, même si cela reste à plus d'une seconde du record de la piste. Aller plus vite tient de la mission impossible, car le gabarit tout en hauteur de la petite Racer finit par se rappeler à notre bon souvenir. Une fois la limite franchie, l’Assetto Corse se couche et part dans des séries de tonneaux très brutaux qui se révèlent souvent fatals pour les pièces rapportées, à commencer par l’aileron, dont les supports sont très fins.

Malgré sa hauteur, l'Abarth Racer avale les virages à une vitesse impressionnante.

Conclusion : une autre manière de concevoir le slot
Certains n’envisagent le slot que moyennant des voitures ultra efficaces, dont le comportement ne peut que difficilement être pris en défaut. Scalextric et Racer proposent respectivement avec la Mercedes 300 SLR et l’Abarth 500 Assetto Corse deux modèles qui tranchent avec cette conception stéréotypée du slot. Non ce ne sont pas des reines du chrono, mais cela n’en demeure pas moins des voitures fort intéressantes à piloter, qui se distinguent sur ce terrain où l’on ne les attendait pas. A contrario, elles déçoivent quelque peu dans ce qui devrait constituer leur domaine de prédilection, la qualité de finition...

FRANÇOIS TARDIN

samedi 6 février 2010

Nuremberg 2010, la crise encore et toujours...

L'édition 2010 du plus important salon du jouet du monde ne restera pas dans les annales du circuit routier. Peu de surprises, encore moins de nouveautés, et beaucoup d'absents...

Comme chaque année à pareille époque se tient actuellement le salon du jouet de Nuremberg. C'est l'événement incontournable pour tous les secteurs de l'industrie du jouet. C'est là que les marques présentent leurs programmes et définissent les tendances de l'année. En général, les nouveautés fusent de tout bord et les passionnés ne savent plus où donner de la tête. 2010 rompt avec cette tradition. Peu de nouveautés, beaucoup d'absents, et une couverture médiatique laissant à désirer, la crise est passée par là. Habituellement, Slotcarillustrated et Slotforum, les deux principaux forums anglophones, couvraient l'évènement en direct grâce à des reporters sur place. Dès les premières heures d'ouverture du salon, ces derniers mettaient en ligne les premières photos. Rien de cela cette année. Sur les forums, les newseurs fébriles auront dû attendre la fin de la première journée pour voir les premiers clichés timidement apparaître sur le site du magasin anglais MRE. Étonnamment, c'est d'Espagne et du forum SlotDigital qu'est venu le reportage le plus complet sur le salon allemand. Malheureusement, le reporter sur place ne bénéficie manifestement pas d'un très bon matériel et ses photos sont floues pour la plupart. L'on ne peut donc pas parler de couverture médiatique à la hauteur de l'événement. A moins que ce ne soit l'événement qui ne soit pas à la hauteur?


Des programmes modestes

Slotforum et Slotcarillustrated ne s'y sont en effet pas trompés, le millésime 2010 de la "Spielwarenmesse" ne vaut pas vraiment le déplacement. La crise n'est pas terminée et les perspectives d'avenir ne sont pas réjouissantes. Pour faire des économies, SCX, qui est pourtant l'un des principaux constructeurs de voitures de circuit routier, a décidé de ne pas se rendre sur place. Idem pour MRRC. Nulles traces non plus de Sloter et de Power Slot. Mais là, c'est encore plus grave, puisque les rumeurs concernant les faillites de ces deux constructeurs vont bon train. Du côté des marques présentes aussi, la confiance n'est pas de mise. Les programmes 2010 de la plupart d'entre elles sont ainsi bien modestes. Revell présente comme seul nouveau modèle une Opel Ascona 400. Même constat chez AutoArt, dont la seule nouveauté slot est la Lancia Fulvia 16 HF du Monte Carlo 1972. NSR se contente pour sa part de montrer une énième classique, la Ford GT40. Une GT40 que l'on retrouve chez Slot.it aux côté de la nouvelle Toyota 88C, le seul autre moule inédit annoncé pour 2010 par la marque transalpine, dont le système digital Oxygen ne semble par ailleurs toujours pas en mesure d'être commercialisé. Chez Flyslot aussi, le lineup 2010 apparaît réduit. Les Espagnols n'avaient emmené en Allemagne que les masters de leur future Alfa TZ2 ainsi que d'un nouveau Daytona Prototype, la Doran Ford JE4.

Slot.it (en haut à gauche), FlySlot (en haut à droite), Revell (en bas à gauche)
et NSR (en bas
à droite), peu de news chez la plupart des marques. MRE

La foire du doublon
Pire, certains constructeurs semblent avoir stagné depuis l’année dernière. C'est le cas de la marque tchèque Faro, dont la Skoda Fabia S2000, déjà présente à l'état de prototype en 2009, n'est toujours pas prête. Idem du côté de Spirit, qui n'a pas progressé d'un iota sur sa BMW Série 3 WTCC. Autre tendance, Nuremberg 2010 se profile comme le salon des doublons. Les lineup 2010 des constructeurs n'étant déjà pas très fournis, le phénomène est d'autant plus dérangeant. C'est ainsi que l'Audi R8 LMS est annoncée au 1/32 par non moins de trois marques: Scalextric, Carrera et Ninco. Phénomène similaire en ce qui concerne la BMW M3 GT2, qui sera reproduite par Carrera et SCX. A noter que la GT bavaroise sera aussi proposée au 1/24 par Scaleauto. Du doublon, on en trouve aussi chez Racer, puisque le seul modèle inédit montré par la marque italienne à Nuremberg est la Ferrari 250 GTO, déjà commercialisée par le passé par Pink Kar, Fly et Scalextric.

Scalextric (en haut à gauche), Ninco (en haut à droite) ou encore Carrera (en
bas), l'Audi R8
LMS est sur tous les stands! MRE/WOLFSCORNER

Au 1/32 par Carrera (en haut), au 1/24 par Scaleauto (en bas), la BMW M3
GT2 est déclinée à toutes les sauces! WOLFSCORNER/ITALIA SLOT


Les résineux à la fête
Heureusement, certaines surprises viennent embellir ce tableau peu encourageant. C'est ainsi que l'on apprend que MSC, un constructeur espagnol spécialisé dans les châssis et pièces de compétition, se lance dans la production de voitures. Trois modèles au 1/32 sont annoncés: la Subaru Impreza WRC 1998, la Ford RS200 et la MG Metro 6R4. Autre équipementier à franchir le pas de la fabrication d'une voiture à part entière, Sloting Plus dont la Reynard 2KQ est présente en Allemagne sous une forme qui semble proche de la commercialisation. Du côté des artisans de la résine aussi, l'optimisme règne. Le Mans Miniatures dévoile ainsi un programme 2010 qui a de quoi faire pâlir bien des grands constructeurs, programme dont le modèle le plus emblématique est l'Alpine A220. On n'oubliera pas la Jaguar XJR-14, la Porsche 935, la Porsche 911 2.7 RS, l'Alpine A310, et la liste n'est pas exhaustive! Chez les Espagnols de Top Slot, l'on sait comment s'y prendre pour séduire ses hôtes allemands. L'artisan annonce en effet trois Mercedes à son catalogue : les 540K Cabriolet de 1936 et Special Roadster de 1939, ainsi que la monoplace carénée W196 R de 1955.

La Ford RS200 MSC (en h. à g.), la Reynard 2KQ Sloting Plus (en h. à dr.), la Mercedes 540K Top Slot
(en b. à g.), et la gamme LMM
(en b. à dr.), les petites marques sont à la fête. ITALIA SLOT/MRE

2010, l’année Carrera?
Du côté des grands constructeurs enfin, il n'y a guère que Carrera qui paraisse en forme. Mais quelle forme! Galvanisée par l'accord d'exclusivité qu'elle vient de signer avec Ferrari, la marque allemande présente un programme 2010 très riche en nouveautés, pour la plupart des modèles originaux et inédits. Opel GT Steinmetz, McLaren M20, Porsche 917/30, Ferrari 458 Italia, Mercedes SLS, la liste est trop longue pour être détaillée en entier. L'on ne pourra cependant s'empêcher de s'extasier devant le réalisme époustouflant de la Red Bull RB5 reproduite par les Allemands, qui outre cette kyrielle de nouvelles voitures, élargissent encore leur gamme d’accessoires destinés au système Digital 132, pour lequel une gestion de course est désormais disponible. Bref, Carrera choisit d'être confiant en l'avenir du slot et cela se voit. A noter toutefois que le constructeur germanique se diversifie et se lance dans le grand bain du modélisme radiocommandé avec sa gamme Carrera RC. Ne pas mettre tout ses œufs dans le même panier, c'est aussi le calcul effectué par la marque Ninco, qui investit elle aussi le secteur de la RC. Ninco dont le lineup 2010 ne compte par ailleurs que deux nouveaux modèles au 1/32. Outre l'Audi R8 LMS, c'est la Lamborghini Diablo GTR qui fera l'actualité des Espagnols en cette année de disette sur le plan du digital, puisque Ninco ne présente aucune nouveauté majeur pour son système. Bonne nouvelle sur le plan mécanique en revanche, Ninco se met enfin aux châssis à berceau mobile! La Ford GT, l'Audi R8 ainsi que les Lamborghini Diablo et Murcielago pourront en être équipées en option.

Opel GT (en haut à gauche), McLaren M20 et Porsche 917/30 (en haut à droite),
Red Bull RB5 (en bas), que de news chez Carrera! WOLFSCORNER

Une lutte pour la survie
Quelques exceptions mises à part, les constructeurs semblent faire le dos rond en attendant des jours meilleurs. Cela explique le faible nombre de nouveautés dévoilées cette année dans les allées du plus grand salon du jouet mondial. Seules les marques dont le créneau est bien défini - le luxe pour Racer, la compétition pour NSR et Slot.it, le grand public pour Carrera et Scalextric, etc - apparaissent en mesure de surmonter ce marasme économique qui n'épargne pas le secteur du circuit routier. Pas sûr dans ce contexte que tous les constructeurs présents cette année à Nuremberg soient encore là l'an prochain...


FRANÇOIS TARDIN